HISTOIRE ET PATRIMOINE
LA MAIRIE DE SAINT-ANDRE DE L'EUREQuelle que soit la voie d'accès à SAINT-ANDRE DE L'EURE, commune de 3 448 habitants, le regard se porte sur la blanche "cathédrale" - le silo à grains du Plateau - puis sur le clocher de l'église et le campanile de la Mairie qui lui fait face. | |||
LA NOUVELLE MAIRIE : UNE NÉCESSITÉEn 1930, le Conseil Municipal de Saint-André constate que la conjoncture est favorable à la construction d'un Hôtel de ville, le local tenant lieu de Mairie devenant nécessaire à l'agrandissement de l'école des garçons, ainsi que d'un groupe scolaire de filles, l'école existante étant insalubre. ![]() Construit en 1932 dans un style d'inspiration anglo-normande, l'Hôtel de ville est solidement campé sur sa base carrée. Le parement extérieur du rez-de-chaussée constitué d'un appareil de briques "qui devront rendre un son plein et vif sous le choc du marteau", alternant avec des bandeaux de pierre "qui devront rendre un son clair", donne un aspect chaleureux à la façade et contraste avec le premier étage en faux colombages. Son imposant toit de tuiles plates, allégé par deux élégantes cheminées, monte en deux pans inclinés vers le campanile qui s'élance triomphant face au clocher de l'église. La réalisation de cette construction et le dessin de tout le mobilier sont l'oeuvre de Monsieur Maurice PUTEAUX, architecte D.P.L.G., 5, place de la République à PARIS. Monsieur Charles BUFFET, agriculteur et Maire de la commune, a la volonté farouche de voir se réaliser ces deux constructions. En 1931/32, les terrains sont achetés, non sans difficultés de la part d'un propriétaire qui ne voulait pas vendre. Le Maire fait un apport personnel de 200 000 francs sous réserve qu'au titre des intérêts, une rente viagère de 5% soit versée à vie à lui-même ou à son épouse. Elle le sera jusqu'en 1962. Les emprunts complémentaires nécessaires sont contractés. La pose de la première pierre a lieu le 11 septembre 1932, en même temps que le couronnement de la "Gracieuse Rosière, mademoiselle DESLANDES Raymonde", qu'en cortège monsieur Georges CHAUVIN, député de l'Eure et ancien ministre, le Maire, les adjoints et les conseillers municipaux "dans leurs conduites intérieures", accompagnés des pompiers et de la fanfare, sont allés prendre à son domicile avec ses demoiselles d'honneur. | |||
| Haut de page | |||
UNE INAUGURATION MOUVEMENTÉEL'inauguration a lieu dans le tumulte le dimanche 22 octobre 1933. Le gouvernement DALADIER se trouvant alors en situation difficile, le Ministre de l'intérieur, monsieur CHAUTEMPS, et le Sous-secrétaire d'État à l'Éducation Nationale, monsieur DUCOS ont jugé plus sage de se faire représenter. C'est donc à monsieur TRUCHELUT, Chef de Cabinet de ce dernier, que revient l'honneur de franchir le triple arc de triomphe dressé à l'entrée du centre ville. Cette inauguration, sur fond de malaise social, jugée par certains "coûteuse et inutile", a mobilisé beaucoup de monde : A la sortie de la Réunion, les manifestants voulant se rendre place GAMBETTA pour brûler deux mannequins à l'effigie de messieurs CHAUTEMPS et CHAUVIN, des bagarres ont éclaté avec force coups de sifflets, coups de poings et coups de bâtons. La présence des "Camelots du Roi" venus en renfort n'allait pas faciliter le retour au calme. (Texte de Lionel TRAVERS et Roland FRAT, élus municipaux) | |||
| Haut de page | |||
